Anne Perry naît en 1938 à Blackheath près de Londres. Elle est la fille d’Henry Hulme, astronome, physicien nucléaire et mathématicien. Sa mère est de confession presbytérienne. L'enfance de la gamine est assez agitée.

Elle souffre assez vite d'une grave maladie respiratoire, qui l'oblige à suivre un traitement quotidien. Sa famille l’envoie d’abord dans des sanatoriums situés aux Antilles puis en Afrique du Sud.

Le choix de son père d’accepter en 1948 sa nomination comme recteur de l’Université de Canterbury, proche de Christchurch (Nouvelle-Zélande), a certainement été influencé par la possibilité de faire soigner l’enfant dans un des nombreux sanatoriums réputés du pays.

Ses études sont en pointillés. La famille déménage en effet très souvent, aux quatre coins du monde. L'adolescente, plutôt solitaire, grandit donc surtout en compagnie des livres. Et son père, lui inculque très tôt l'importance des mots justes et de la rigueur d'expression.

Voilà ce que retient très officiellement Anne Perry de ses vingt premières années. Sur laquelle l'écrivain naissante, au tout début de sa carrière dans les années 1980, n'aime guère s’appesantir. Pourquoi ? En 1994 sort « Créatures Célestes », un excellent film de Peter Jackson, qui n'est pas encore le metteur en scène célèbre de la saga du Seigneur des anneaux. Le film conte l'histoire de deux amies adolescentes vivant dans leur monde imaginaire et qui, pour ne pas être séparées, finissent par tuer la mère de l'une d'entre-elles. Cette histoire est vraie. C'est celle d'Anne Perry.

A 15 ans, la gamine, de son vrai nom Juliet Marion Hume, habite en Nouvelle-Zélande. Elle est inséparable de Pauline Parker, sa copine de 16 ans. Jusqu'au jour où la famille Hume prévoit de déménager en Afrique du Sud. La mère de Pauline Parker n'envisage évidemment pas que sa fille suive la petite Juliet.

En 1954, Juliet et Pauline la supprime. Faits divers tragique. Les deux adolescentes seront emprisonnées au terme d'un procès retentissant. Elles sont libérées en 1958, en raison de leur jeune âge. Toujours très soutenue par son père, la future Anne Perry est bringuebalée dans différents pays.

Pause de 1967 à 1972 à Los Angeles. Elle saute d'un métier à l'autre : elle travaille comme vendeuse, hôtesse de l'air, gérante d'un magasin de meubles, dans une compagnie d'assurance, etc. Elle écrit, toujours, sans parvenir à se faire publier.

Le grand jour arrive enfin en 1979 avec « l’Étrangleur de Cater Street ». Il met en scène l'inspecteur Thomas Pitt, de la police londonienne, et sa femme Charlotte. L'adolescence cachée d'Anne Perry éclaire la naissance de son deuxième grand personnage, William Monk, détective amnésique à la suite d'un coup sur la tête, et souffrant d'être un homme sans passé et sans mémoire. Ses deux héros évoluent dans l'Angleterre victorienne, que l'écrivain décortique au scalpel.

Le temps ne semble pas avoir toutefois effacé toutes les blessures éprouvées dans sa jeunesse par Anne Perry, puisque tous ses romans policiers témoignent d’une révolte contre la bienséance pudibonde dont s’affuble la bonne société victorienne.

À partir des années 1980, Anne Perry devient très productive, parvenant à écrire tous les ans une aventure de ses deux héros. Obstination gagnante. Elle finit par décrocher vraiment le succès dans les années 1990, estampillée reine (encore !) du polar historique toujours en vogue aujourd'hui.

Sans délaisser sa « spécialisation victorienne », elle a toutefois mené quelques incursions dans la domaine de la littérature fantastique et a entrepris une nouvelle série policière ayant pour cadre le Paris de la Révolution française, puis une autre ayant pour cadre la Première Guerre mondiale.



Elle vit désormais en Écosse, non loin d'Inverness, dans les Highlands.